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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 21:16

Si l’autonomie des universités est un principe posé dans la loi du 12 novembre 1968 et repris dans la loi « Savary » adoptée en 1984 sous le gouvernement de Pierre Mauroy (qui régit encore actuellement l’enseignement supérieur), la droite a perverti son usage à travers la loi LRU si bien qu’il est pour nous nécessaire aujourd’hui d’en offrir une autre conception.

Il faut pour cela lui redonner du sens et définir son périmètre afin qu’elle puisse signifier autre chose qu'un danger et qu'elle devienne ainsi l’atout et le garant de l'efficacité et de la qualité de nos universités qui ne sont plus en mesure de se démarquer à l'échelle mondiale.

L'université représente un modèle de service public où les usagers participent à la prise de décisions, L'autonomie n'aura de sens selon nous que si elle continue à être assurée par ceux qui en sont les garants. Or la nouvelle composition du conseil d'administration ainsi que l'augmentation considérable du pouvoir des présidents constitue une profonde remise en cause de cet idéal de fonctionnement.

Premier point : la garantie d’une autonomie réelle passe par le renforcement de la démocratie universitaire.

- la proportion des représentants étudiants doit être au moins égale à celle des personnalités extérieures

- le président doit être choisit parmi les membres de l'université et doit être élu par l'ensemble des trois conseils

- l’université se doit d’agir en concertation avec ces salariés qui sont les garants quotidiens du bon fonctionnement de celle-ci (un dialogue accru avec les syndicats notamment ceux qui représentent les agents et le personnel non enseignant de l’université doit exister)

 

Second point : la garantie d’une autonomie réelle n’est envisageable qu’une fois clarifiée et résolue la question du financement des universités.

Un certain consensus se dégage sur le fait qu’il convient d’augmenter le nombre de diplômés du supérieur pour prendre pied dans la nouvelle division internationale du travail, alimenter en cadres et ingénieurs l’économie de la connaissance et favoriser l’innovation. Et, de fait, une forte demande de formation supérieure se manifeste dans la plupart des pays développés. Mais les fonds publics peinent de plus en plus à satisfaire une telle demande et les moyens financiers dont disposent les universités sont jugés par tous comme étant trop faibles (1,1% du PIB contre 2% dans plusieurs grands pays industrialisés).

Les moyens de l’université française doivent donc être renforcés (en portant par exemple à 3% du PIB les dépenses en faveurs de la recherche) avec pour objectifs d’atteindre progressivement 50% d’une classe d’âge diplômée du supérieur et de revaloriser parallèlement la carrière et les conditions de travail des enseignants-chercheurs.

Afin que l'autonomie ne s'apparente en aucun cas à un assujettissement au secteur privé et qu’elle ne soit pas non plus synonyme d’un désengagement financier de l’État, nous exigeons que celui-ci reste l’acteur incontournable  (la dotation globale de fonctionnement (DGF) doit rester la première source de financement de l'enseignement supérieur).

Néanmoins, dans le cadre de l’autonomie, il faut aussi offrir aux universités la possibilité de mobiliser d’autres ressources et d’assurer ainsi une complémentarité des sources de financement.

Or la possibilité pour les universités d'avoir recours aux financements privés n'est envisageable selon nous que dans la mesure où le fonctionnement de la démocratie universitaire est garanti de manière à exercer un véritable contrôle sur l'ensemble des décisions qui seront prises. Par ailleurs, nous exigeons que ces subventions ne soient en aucun cas investies dans des filières préférentielles et soient versées sans distinction au budget de l'université. Enfin, les décrets qui restent à prendre doivent définir des procédures strictes pour garantir que l’université reste maître de ses programmes.

 

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Published by agir en jeunes socialistes - dans Education
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