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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 15:18

Alors que le chômage reste un problème économique et social majeur en France, le RSA de Martin Hirsh remet au goût du jour la mesure économique en faveur de l’emploi. La volonté est louable qui viendrait compléter la prime pour l’emploi en remplaçant le RMI et l’allocation parent isolé, tout en permettant l’insertion professionnelle par l’incitation monétaire.

Néanmoins, il nous semble nécessaire de porter le débat sur ce qu’occulte le RSA, au premier rang de quoi, les jeunes ! En tant qu’organisme de jeunesse nous constatons que nous sommes de nouveau laissés de côté. Les moins de 25 ans n’auront pas droit au RSA comme ils n’avaient pas droit au RMI.

Il faut même aller plus loin et se demander quelles solutions autres que monétaires pour l’insertion professionnelle ? Cette question ne touche d’ailleurs pas que les jeunes.

Une piste de réflexion émane pourtant de la jeunesse, pour laquelle ont été créées les missions locales. En effet, elles ne s’occupent que des jeunes, souvent entre 18 et 25 ans. De plus elles connaissent leur public en réduisant à une taille humaine le nombre de personnes reçues. Elles connaissent leur territoire et les entreprises qui y sont implantées. Enfin, elles s’occupent largement de la formation en adaptant les compétences de ceux qu’elles reçoivent à la réalité professionnelle immédiate.

Bien entendu, elles ont des limites. Elles manquent de moyens financiers qui se partagent de façon très inégale entre les communes, le département, la région, l’Etat… Cela a pour conséquence un manque de personnel et un accueil qui est souvent réduit aux situations d’urgence. Leur répartition et leur efficacité sont également très inégales entre les territoires. Heureux est celui qui vit à côté d’une mission locale efficace et soutenue de façon importante par sa commune. Surtout, les missions locales ne peuvent pas remplacer l’ANPE. Elles ne sont qu’une solution d’appoint. Pourtant la solution existe et elle doit être soutenue.

Quand l’Etat donne 20 milliards d’euros aux entreprises pour favoriser l’embauche, il en donne moins de 3 milliards pour favoriser l’insertion des travailleurs. Il faut inciter les entreprises à embaucher mais cela implique également de favoriser l’insertion, sans quoi nous ne parcourons que la moitié du chemin. On ne compte en France qu’un fonctionnaire de l’ANPE pour 120 demandeurs d’emploi, contre 1 pour 40 dans certains pays européens. Comment, dans ces conditions, peut-on réaliser un suivi personnalisé ou même simplement régulier avec le demandeur d’emploi ?

Pour l’heure, l’Etat donne de l’argent au travailleur pour l’inciter à accepter un emploi qui a toutes les chances d’être précaire. Il devrait plutôt financer l’ANPE car elle seule donnera les moyens d’une réinsertion personnalisée efficace par le biais de la formation adéquate, et ce sur l’ensemble du territoire. Là est la mission du service public.

 

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Published by agir en jeunes socialistes - dans Insertion professionnelle
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