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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 15:00

Alors que la relance budgétaire américaine est de l’ordre de 800 milliard de dollars, celle de l’Union européenne atteint péniblement les 200 milliards d’euros, ce qui est clairement insuffisant face à l’ampleur de la crise économique et sociale. Une action commune à l’échelle européenne est une nécessité afin d’impacter efficacement et positivement l’économie européenne. Les actions coordonnées ne suffissent pas, et révèlent aujourd’hui une absence totale de cohésion entre les États membres. Elles entraînent également la tentation du « chacun pour soi » : chaque gouvernement cherche à protéger ses industries nationales conduisant à un protectionnisme latent au sein de l’Union européenne. Nous ne pouvons accepter une telle situation catastrophique et appelons à une véritable solidarité budgétaire !

Car la crise aurait dû être une opportunité pour créer une plus forte solidarité budgétaire entre les États membres. L’augmentation du budget européen est nécessaire pour qu’il ait un rôle de stabilisation économique, ceci afin de mieux affronter les crises économiques et sociales. Le budget européen, seulement 1,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) européen, se limite principalement à la Politique agricole commune (PAC) et aux fonds structurels. Amener le budget européen à 2,5 % du PIB européen est un objectif que nous portons. Nous pensons aussi que l’Union européenne doit pouvoir se financer par la dette pour investir dans les projets d’avenir.

Notre volonté est de permettre à l’Union européenne de disposer d’assez de moyens budgétaires pour accélérer et mener ses nombreux projets. Remplir les objectifs fixés par la stratégie de Lisbonne, poursuivre le développement des infrastructures d’intérêt général comme les infrastructures de réseaux (énergie, transports et télécommunication) puis favoriser les politiques de développement durable conduiront l’Union européenne vers une prospérité économique et sociale.

Un accroissement des moyens budgétaires de l’Union européenne doit aller de pair avec son renforcement démocratique. C’est pourquoi la ratification du traité de Lisbonne est indispensable pour permettre au Parlement européen de disposer d’un droit de décision égal à celui du Conseil des ministres en matière budgétaire. Nous pourrons aussi politiser les choix et les orientations de la commission européenne puisque son Président sera de la couleur de la majorité parlementaire européenne.

Enfin, au sein de la zone euro, nous souhaitons la mise en place d’une véritable gouvernance économique. Sans remettre en cause l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE), nous appelons à réviser ses objectifs. L’optimisation du couple « stabilité des prix » – « croissance » doit devenir son principal objectif. Avec la création d’une gouvernance économique, nous désirons une meilleure coordination des politiques monétaires et budgétaires par la mise en œuvre d’une concertation entre les différents acteurs pour améliorer le « policy-mix » européen.

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Published by agir en jeunes socialistes - dans Europe
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commentaires

Victor 27/02/2009 15:47

Je suis tout à fait d'accord avec tes remarques ! C'est aux politique de modifier les objectifs de la BCE ! C'est ce que je dis implicitement : "nous appelons à réviser ses objectifs"... je parle du pouvoir politique bien evidemment  !Et concernant la gouvernance économique, la BCE fait parti des 'acteurs' qui doivent participer à la concertation ! Donc, une nouvelle fois, la déclaration va dans le sens de ta remarque ! :)On est limité dans le nombre de caractères dans la rédaction d'une déclaration... donc on est obligé d'aller à l'essentiel ! A bientôt sur ton blog ! ;)Victor

Nicolas 26/02/2009 16:30

Très bon article qu'on ne peut qu'approuver si ce n'est qu'une approche est écartée d'emblée : "sans remettre en cause l'indépendance de la Banque Centrale Européenne...". Sans faire l'apologie du stalinisme, il faut tout de même remarquer que l'indépendance de la BCE relève d'une logique libérale classique, et qu'aujourd'hui la BCE est bien plus indépendante que la FED (équivalent américain). La Banque centrale a besoin d'une certaine indépendance, c'est évident. Mais nous ne devons pas écarter pour autant la possibilité pour le pouvoir politique de lui donner des objectifs. Les objectifs de la BCE sont de lutter contre l'inflation (là encore logique libérale). Pourquoi le pouvoir politique ne pourrait-il pas demander à ce qu'en période difficile, l'inflation soit oubliée quelque temps pour privilégier la lutte contre le chômage ? Ce serait là demander à la BCE de faire du keynésianisme, et ce n'est impossible que dans notre imaginaire, pas dans les faits. Mais cela demanderait une gouvernance économique européenne. Et l'acheminement jusqu'à la création de cette instance risque d'être particulièrement long...Nicolas